Liminaire...

Bonjour,

Initialement les aventures relatées sur ce Blog furent celles  d'un personnage virtuel, une elfe prénommée Laakën, alors qu’elle sévissait sur un
monde persistant du jeu "Neverwinter nignt 2", une île dénommée , Drasmal située en Terra Icognita , tout au sud de Toril, bien au-delà de Faérune, dans l’univers des Royaumes Oubliés .

Ayant mis en pose ce personnage quelques mois, et migré sur un autre module j’avais conté les aventures, sous forme d'un journal, d'une jeune humaine, Yoen Al Zurawah, pretresse d'Umberlee. 

Laakën est désormais de retour sur ce cailloux pelé de Drasmal. Cinq années se sont écoulées.  Elle a repris ses correspondances epistolaires avec cette Mère fantomatique. Réalité ou chimère ? Qui peut dire !

 

 

Au delà de faire partager la vie de mes personnages, j’ai pensé utile et ludique d'ouvrir ce Blog à d’autres sujets, liés à l'univers de donjons et dragons, tels des liens vers des aides et des outils divers pour les joueurs, la mise à disposition de maps NWN1, des images, des rubriques plus humoristiques, des contributions plus artistiques aussi.

En espérant que cela soit utile et agréable à consulter.
Que vous soyez passionné de jeux de rôles en ligne ou sur table, amateur de prose nimbée de fantastique, rêveur éphémère, ou simple curieux, soyez les bienvenus sur ces terres du bout du monde.


Que les vents vous portent là ou vos songes tourbillonnent ...
  

Textelfique.jpg   

Lundi 14 janvier 2008
* Missive à Ernando, Haut Trident du culte d'umberlie. *

Haut trident, Ernando,
 
undefinedComme je sais que d’aucuns seraient forts réjouis de me compromettre, à commencer par ce puceau de Nicolas, je m’empresse de vous écrire avant que la rumeur n’arrive à vos oreilles par le biais de personnes indélicates.
Le sujet est un peu délicat et personnel, mais il se trouve qu’il implique bien malgré moi le clergé.
Je m’explique : Je me trouvais en chasse dans la grotte des ogres. Il y avait une là activité inhabituelle. Ils étaient fort nombreux et particulièrement virulents. Las il était trop tard pour reculer étant trop engagée, si bien que je me suis retrouvée en fâcheuse posture, en tenaille entre deux groupes de mastodontes grimaçants, dont plusieurs mages métamorphosés en choses hideuses. Acculée dans un boyau en impasse à court de sorts et de protection je ployais sous le nombre, lorsque soudain un homme a surgit fort opportunément de la pénombre pour se jeter dans la mêlée, me criant « je viens vous sauvez damoiselle ! ». Je dois avouer que cette apparition ne manquait point de panache, et survenait fort à propos. En outre, le messire en question était un ferrailleur hors pair et ce qui ne gâtait rien, avait un visage des plus gracieux – enfin j’y reviendrais car, occupée que j’étais à tenter d’éviter au mieux la pluie de coups, je n’avais point eu loisir encore d’en juger. Bref….
Je crois bien que j’ai du céder sous la rage baveuse des ogres… Car lorsque j’ai recouvrée mes esprits l’homme était penché sur moi, occupé à me panser. Je vous rassure s’il était besoin, je m’en suis tirée avec quelques contusions sans gravité aucune.
Jusque là, vous devez songer que je vous importune avec une histoire banale, indigne d’être contée. Mais c’est là que survient le coté délicat de l’affaire. Pour dire les choses brièvement, à force de me tripoter l’homme en question a eu bien vite d’autre idées en tête que de juste cautériser me plaies. Bien sûr, dans la grotte, la situation ne s’y prêtait guère mais mon sauveur se montra pressant et persuasif, de telle manière qu’il surmonta mes légitimes réticences, mêlant mots sucrés aux menaces voilées. Aussi je l’avoue je finis par céder songeant qu’il était plus sage de s’abandonner à la gaudriole plutôt que de se trouver violée. Bref, il advint ce qui advint.
Et alors me direz –vous ? Vous n’en avez cure de mes histoires lestes. Et je ne me serait point permis de vous conter ainsi mes turpitudes si cet homme n’avait point été autre que ce fameux pirate… Oui oui, je veux dire Jack Swallow, celui là même qui vous balancé en ville que votre trident vous pouviez vous le fourrer… Enfin… Je suppose que vous n’avez point oublié. undefined
Rentré en ville, je pensais que cela resterai sans suite ni conséquences, sauf que  j’ai appris de la bouche d’Isley que Jack était recherché par la garde, et un peu plus tard ce benêt de Nicolas s’est foutu de ma tête disant : « que j’avais merdé », se sont ses propres mots, pour avoir fricoté avec un ennemi de notre culte. Je vous l'assure haut trident, je ne sais pas – hormis cette phrase malencontreuse et inopportune qu’il vous a jeté à la face - quels peuvent être les différents de ce pirate avec notre clergé. Aussi je plaide l’innocence n’ayant voulu dans cette affaire que sauver ma peau – même si, je le concède, me réconforter dans ses bras consolateurs, n’a point été désagréable quoi qu’un peu rapide à mon goût. 
Sachez que si d’aventure vous prévoyez de coincer le pirate, je me porte volontaire pour servir d’éventuel appât,  bien que je doute qu'il s'y laisse prendre - il connait mon prénom et risque fort d'apprendre que j'appartiens au temple. Mais les hommes sont parfois si déraisonnables lorsqu'il s'agit de satisfaire leurs pulsions... 

Votre dévoué disciple,
 
Yoen
par Axel Evigiran publié dans : Tribulations insulaires de Yoen Al Zurawah
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Mardi 8 janvier 2008

Quelques mois écoulés depuis mon arrivée en Erethil. Pas une seule ligne écrite depuis de longues semaines. Non point que mon envie de couvrir le parchemin des mes humeurs ne se soit épuisée, mais se sont les événements qui commandent, et l’agir passe hélas par devant le recueillement… 

Les contingences banales de l’existence !

Je me suis fortifiée et j’ai rencontrée certaines personnes idoines, que ce soi secrètement ou publiquement. De novice Umberlite je suis devenue disciple en passant par les geôles glacées du culte, et ceci pour des motifs d’ordre politique.

undefinedJe sais que, pour l’essentiel,  je dois garder ma prose couverte d’ombre, et que je dois me limiter à ce qui ne prête point le flanc à être compromise en aucune sorte. Non point que je sois blâmable ; et je n’ai nullement à rougir de mon comportement devant ma Déesse. Simplement, d’expérience, les retors savent utiliser pour leur profit les confidences de l’âme, et se livrer a moult manipulations malveillante et abjectes.

Aussi je limiterai à la portion congrue ce que j’écris à propos des événements extérieurs dans lesquels je suis impliquée, pour me focaliser sur le bruissement de mon cœur, de mon esprit. Les noms inscrits ici le seront dans ce cadre strict, jusqu’à ce qui me prenne l’envie d’en déroger…

Faisant cela je reste sur l’essentiel.

Et puisqu’il faut un commencement, il me vient tout naturellement à l’esprit cet événement fondateur, ce rituel qui m’a radicalement métamorphosée, et qui fait en grande partie de ce que je suis désormais : servante indéfectible de la reine des profondeurs.
Il est dit de l’expérience numineuse qu’elle dépasse de manière incommensurable les atermoiements de la foi timide. Je mesure désormais toute la portée de cet adage des plus sages. Plutôt qu’un soliloque ou prime l’intellect et le jugement de valeur,  je vais tenter l’exercice de la mémoire ; le souvenir des paroles dites, le ressenti de la chair.

Ce fut la prêtresse Nethis qui m’initia.
C’était à l’aube et j’attendais transis devant l’autel. Elle était montée en chaire dans sa robe cérémonielle fixant l’ombre bleutée du dôme du temple. Je savais que parmi les novices et disciples assistant à la cérémonie se trouvait Yago, et cette idée de savoir que quelqu’un que je connaissais était là me rassurais, oh bien modérément, mais cela me faisait une ancre, un repère. Je sais que c’est absurde au fond, et que cela ne me protégeait point de l’éventuel courroux d'Umberlie…
Pour l’heure je ne voyais que la prêtresse ; je ne voyais qu’elle et je voulais lui plaire, afin d’honorer la confiance qu’elle avait investie en moi.
Après que le silence fut fait, lentement elle ouvrit les bras, abaissant son regard sur moi et prit la parole :

- Cela fait plusieurs mois que la novice Yoen apprends les préceptes de notre foi, sous la bienveillance de notre clergé. Elle a endurée quelques mises à l’épreuve qui ont fortifiées sa foi envers notre Déesse, Umberlie.

Elle marqua une pause avant de reprendre :

- Aujourd’hui, comme remerciement lors de sa première cérémonie de la marée, la Déesse lui a concédée la joie d’un animal sacré à s’occuper. Outre ces signes manifestes de la satisfaction d’Umberlie, le Haut prêtre m’a accordée le privilège de faire passer le rituel d’intronisation à la novice Yoen.

Elle sortit sa lance et descendit de la chaire.

- Novice, veuillez me suivre, et placez vous ici, sur les marches qui conduisent au Naos des abimes… Vous autres, ajouta-t-elle, son regard embrassant la masse des novices, veuillez vous placer en cercle, le long des murs ceinturant l'Autel Aqueux.

Le bassin sacré crépitait d’acide. Ma gorge était nouée, j’étais terrorisée. Il n’était plus temps de reculer, mais de croire, croire aveuglement, ouvrir tout mon être au néant de l’abime… Nethis pénétra avec révérence dans le liquide qui parut un instant s’agiter ; s’électriser. Une fois au centre, elle se tourna vers moi. Seul son buste dépassait, son regard brulait d’un chaos terrible et sublime tout à la fois :

- Oh, toi grande et magnifique déesse des Abysses, Reine du royaume marin. Oh toi, Umberlie, Reine des tempêtes et des courants marins, écoute ta servante…. Oh toi, Reine Garce, accepte de tester la foi de ta novice, par ton jugement, exprime ta volonté. DOIT-ELLE VIVRE OU MOURIR?

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(à suivre...)

par Axel Evigiran publié dans : Tribulations insulaires de Yoen Al Zurawah
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Mercredi 26 décembre 2007


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par Axel Evigiran publié dans : HRP
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Mardi 18 décembre 2007
Ce que je suis.
Qui suis-je au fond ? Suis-je bien assurée de me connaître ? Ces questions m’ont toujours semblées couler de source. Cependant je me dois admettre être ébranlée dans mes fondements. Aussi loin que ma mémoire remonte je ne vois que cette face triste penchée sur moi, défigurée par l’alcool et pourtant consolatrice. Cette pauvre femme était ma mère, se disait ma mère, et agissait comme telle. J’ai vu sa déchéance lente mais implacable. Je n’ai aucun reproche à formuler à son encontre ; elle a fait ce qu’elle a pu, avec ce qu’elle avait, seule. Elle m’a donnée plus que ce qu’il y avait dans sa propre écuelle pour que je ne crève pas contre son sein, que je ne devienne pas comme elle ; c’est ce qu’elle me criait parfois dans un éclair de lucidité. Je lui ai dévoré les entrailles d’une certaine manière, à petit feu… Peu être ai-je ce regret là. Mais je trouvais ça normal c’était ma mère… Et le jour ou elle me tabassa et m’éclata la tête avec une lanterne je pris ça comme un encouragement, une exhortation à me faire fuir cette vie de dépossédée.
undefinedJe l’ai toujours gardée dans mon cœur à ma façon, même si je n’ai aucun souvenir de ses caresses. Sa peau était blanche et diaphane, comme la mienne est une suie indélébile. J’attribuais cette particularité à mon père que je n’ai pas connu, sauf par les récits décousus de ma mère. Pauvre femme, pauvre vie, sans joie ni espoir ; une existence de bête domestique qui ne valait pas d’être vécu. Il n’y avait pas de haine chez elle, juste une résignation sourde et poisseuse. Je n’étais que son seul bien et je l’ai abandonnée à sa misère. Je ne sais pas si elle a pleurée ou m’a maudit ; si elle a priée pour moi, ou m’a condamnée du plus profond de son âme. Il ne sert à rien désormais que de remuer cette fange… Elle a dû crever dans un bouge sordide, ou pousser un dernier cri de rage silencieuse, le visage renversé dans un caniveau. Sans doute que l’âge adulte a ouvert chez moi les digues de la nostalgie.  Et si je n’idéalise rien, c’est qu’il n’y a pas matière à cela.
J’ai voulu enterrer le passé, oublier de tout mon être ; laver ma chair de l’immondice, me récurer jusqu’à l’os ; j’ai voulu une vie nouvelle et sans tâches ; j’ai voulu un livre vierge, une « Tabula rasa ». Las, je me suis fabriquée une silhouette de géante aux pieds d’argile, et il n’aura fallut que d’une poussière pour faire vaciller tout l’édifice de ma « persona », ce masque que j’entretenais avec trop de soins pour qu’il soit tenable.  Ce presque rien à la forme d’un tatouage sur mon front. Cela serait risible si ce n’était point pathétique. Aussi loin qu’il m’en souvienne je l’ai toujours eu. Nous avions à survivre et personne ne s’en est préoccupé, sauf sur le tard le druide reclus, cet initiateur que j’ai assassiné. Mais jamais il ne m’a rien dit à ce propos. Pour moi il ne s’agissait que d’une décoration, une perplexité qui me rendait juste parfois un peu fière. On fait avec ce qu’on a !
Il y a quelques jours donc, une femme en rouge, accompagnée d’un séide en armure, est venue nous visiter dans le temple de la Reine Garce. Elle venait saluer le haut prêtre pour affaire personnelle. Celui là même que je ne connais pas encore, tant il voyage d’îles en île. Elle était hautaine et sure de son ascendant. Prit une moue contrariée lorsqu’elle découvrit que nous ne sachions rien de précis quant à la durée de l’absence de notre guide spirituel. Ce fut alors, tandis qu’elle tournait talon devant le capitaine, qu’elle me fixa soudain d’une manière dérangeante ; m’interpella, droit dans les yeux, me demandant ce que je faisais dans ce temple. Je n’ai plus souvenir de ce que je répondis, ou plutôt ce que balbutiai alors, tant j’étais saisie, mais je ressens encore l’étendue de mon malaise lorsqu’elle lâcha que ce que j’avais sur le front c’était un tatouage focalisateur, que j’étais Thayenne.
Bien sûr, le capitaine ainsi que Nethiss virent à ma rescousse, claironnant que j’étais une druidesse, que ce tatouage pouvait être d’origine tribale, ou quoi que ce soit d’autre du même acabit. J’acquiesçais mais au fond de moi quelque chose s’était fissuré. Mes veines battaient mes tempes avec fureur ; un abime s’était ouvert sous mes pas.
Avec le recul je m’aperçois que ces instants me parurent interminables, alors que l’incident ne dura que quelques secondes. Evidemment, la mage rouge, à tort ou à raison, ne pouvait plus en démordre, ni perdre la face ; et elle pesa de toute sa stature sur mon âme, profitant de mon trouble, insinuant que tout ceci était louche… Lorsque enfin elle reflua vers la sortie je ne pu chasser cette térébrante question : Et si elle disait vrai ?... Si ce qu’elle disait n’était que la stricte vérité ? Mais non ! C’est une menteuse. Les thayens sont tous des menteurs. Je ne suis pas des leurs. Je ne suis que ce que l’existence à fait de moi.
Encore le Chaos !
par Axel Evigiran publié dans : Tribulations insulaires de Yoen Al Zurawah
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Lundi 17 décembre 2007
L'exécution...

execution-00.jpgCela fait quelques semaines que j’arpente les quais et les rues d’Erethil, et je n’ai pas pris encore le temps de rassembler mes pensées. Quelle utilité ? Faut-il que cela soit utile d’ailleurs pour être nécessaire à mon équilibre ? J’ai cet élan vital qui me pousse à couvrir le parchemin de mon journal, et d’y juxtaposer ces signes appris, et qui pris séparément ne signifient rien, mais qui rassemblés prennent corps, s’animent et dessinent les contours de mon âme.
D’aucun opposent la vie de l’esprit et la vie du corps, la pensée et l’action. Nenni pour moi ; je ne cherche pas à savoir si ma pensée précède mes actes, ou si je les justifie a posteriori par la raison. Je ne suis point de celles là et j’ai dépassée ma dualité.
J’ai entendu dire un jour que « originellement nous ne pensions que pour agir », et que « la spéculation était un luxe tandis que l’action elle était une nécessité ». C’est possible et c’est probablement faux tout autant. Pure rhétorique…
D’aucuns diraient que je ne devrais point m’efforcer à ordonner mon chaos, que ma déesse n’aimerait que fort modérément ma prose. Ceux là se trompent et je sais qu’ainsi je la sers mieux que quiconque : je ne structure pas, je déconstruis, je montre que le chaos se trouve partout, lové en toute chose et son contraire. L’ordre ne nait pas du chaos, mais l’inverse. L’entropie n’a point de limites… Un exemple : Il y a quelques jours a été pendue une Tiefeline. Comme ça, sans d’autre raison que sa race. Une décision expéditive, effet de l’ordre de la cité. La potence toujours dressée au fond d’une cour jouxtant la caserne avait trop attendue et réclamait sa sinistre pitance. La populace affluait, les aventuriers aussi… La condamnée, prostrée et encapuchonnée fut présentée à la vindicte. Il s’en suivi un brouhaha frénétique ; des vociférations de joie mauvaise, des insultes, des récriminations, des contestations et des applaudissements enragés. Les gardes qui débordés tentaient en vain à représenter la dignité du Royaume, furent victime d’un novice des leurs, un nain, qui se trompa et conduisit la victime expiatoire à la guillotine à la place du gibet sous les huées et quolibets. Après qu’elle fut reconduite en pleur a l’instrument idoine, et qu’elle eut crachée l’encre de son cœur, il y eu un instant de stupeur ; une espèce d’attente sourde et animale, mille paire d’yeux plus une, rivés à cette vie suspendue à un levier. Chose au fond inconcevable, cependant inéluctable, à moins que… Puis soudain un clic, la trappe qui s’ouvre, un déchirement effroyable… Puis un silence assourdissant… Les exaltés en execution-02-copie-2.jpgtranse devant la corde et cette langue affreuse, bleuie et grosse, pendante. Les horrifiés, fascinés malgré eux par le spectacle du corps désarticulé oscillant au gré des humeurs du vent… Un corbeau dans le lointain glissa dans la grisaille, sonnant le glas… Alors subitement, comme suspendu à cette augure, ce fut l’explosion de ce trop plein d’émotions contradictoires, tel un déversoir de toutes les souffrances, de toutes les frustrations accumulées, des cris de haines, se mêlèrent aux hurlements de jouissances ; des éructations malsaines convolèrent avec les lamentations exorbitées ! Un indescriptible chaos de bruit et de gesticulations dont s’empara une ombre immense qui surveillait la ville depuis les cieux et qui déversa d’un coup son fiel et son feu sur une foule saisie de stupeur !

 

Tout refoula en désordre. Vague monstrueuse s’écoulant dans les venelles de la cité. Tempête humaine, écumant de rage sublime ….Ceux qui tombèrent furent écrasés contres les murs ou foulés aux pieds. Les assassins et les sicaires en profitèrent pour honorer leurs contrats. Aucune digue de décence ne put contenir ce soubresaut de bête désemparée ; chacun juste préoccupé de son souffle, de sa survie, griffant et frappant au hasard pour se frayer un passage, prêts à mordre et à tuer.
En attendant d’autres exécutions…. Le chaos encore.
Le chaos !...
par Axel Evigiran publié dans : Tribulations insulaires de Yoen Al Zurawah
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