Liminaire...

Bonjour,

Initialement les aventures relatées sur ce Blog furent celles  d'un personnage virtuel, une elfe prénommée Laakën, alors qu’elle sévissait sur un
monde persistant du jeu "Neverwinter nignt 2", une île dénommée , Drasmal située en Terra Icognita , tout au sud de Toril, bien au-delà de Faérune, dans l’univers des Royaumes Oubliés .

Ayant mis en pose ce personnage quelques mois, et migré sur un autre module j’avais conté les aventures, sous forme d'un journal, d'une jeune humaine, Yoen Al Zurawah, pretresse d'Umberlee. 

Laakën est désormais de retour sur ce cailloux pelé de Drasmal. Cinq années se sont écoulées.  Elle a repris ses correspondances epistolaires avec cette Mère fantomatique. Réalité ou chimère ? Qui peut dire !

 

 

Au delà de faire partager la vie de mes personnages, j’ai pensé utile et ludique d'ouvrir ce Blog à d’autres sujets, liés à l'univers de donjons et dragons, tels des liens vers des aides et des outils divers pour les joueurs, la mise à disposition de maps NWN1, des images, des rubriques plus humoristiques, des contributions plus artistiques aussi.

En espérant que cela soit utile et agréable à consulter.
Que vous soyez passionné de jeux de rôles en ligne ou sur table, amateur de prose nimbée de fantastique, rêveur éphémère, ou simple curieux, soyez les bienvenus sur ces terres du bout du monde.


Que les vents vous portent là ou vos songes tourbillonnent ...
  

Textelfique.jpg   

Mardi 10 juillet 2007

Il s'agit d'un petit carnet que Laakën conserve toujours précieusement sur elle. 
Rédigé à l'aide d'un miroir.
 C'est un mélange de Sylvan et d'Elfique.
 
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Carnet-Erag-copie-1.jpg* Erag Myldol :
Semi-orc - Eauprofonde - Académie militaire de Tyr - Parents adoptifs.
Ne semble pas accepter ses ascendances.
Très bien éduqué, courtois et mesuré dans ses propos.
A la recherche d'une personne sur Drasmal.
Fait partie des lames de drasmal  ¤






* Phael : 
Humain d'environ 40 ans. Novice Tempusien. 
Originaire du Calimshan.
Querelleur et souvent acerbe. Aime la joute oratoire.
Fait partie des lames de drasmal  ¤

* Opaline :
Humaine. Ancienne bonne qui a vécu longtemps sur un navire au service d'un certain Deck. Aux cuisines.
Ensorceuleuse aux prémisses de son art.
A le soucis de son éducation, de faire oublier son ancienne condition (supporte mal les quolibets).
Aimable et reservée, s'est pris d'affaction pour le nain Bosco. 

* Bosco :
Nain, artisan... Aimable et gouailleur.
M'a fait cadeau d'une fort joli lame, mais hélàs inutilisable que j'ai offerte à la druidesse Tamara.
Ami d' Opaline.
Fait partie des lames de drasmal  ¤

* Allystra Veldorn :
Humaine. Disciple de la dame des mystères (Mystra).
Ne cherche pas à faire de nouveau adeptes.
Mesurée et attentive.

* Indo :
Elfe doré. Mage.
Légérement obséquieux mais fort volontaire sous une apparence toute en douceur.


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Lames de drasmal  ¤
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Association ou guilde, constituée de neufs personnes, non natives de Drasmal :
Phael / Alystra / Motoko / Luanline / Bosco / Argail / Emilio / Erag (manque un nom à découvrir)

Cette organisation ne semble pas avoir d'organisation hierachique. Les membres sont liés par l'interêt, bien que les motivations different (simple subsistance à la quête de matière première pour l'artisanat en passant par la curiosité ou le goût de l'aventure). Ils s'occupent d'aller miner sous Mont Noir.

 

par Axel Evigiran publié dans : Carnet de Laakën
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Mardi 3 juillet 2007
Terres de Drasmal, Calar, 07 Marpenoth de l'an 1372 du calendrier de Vaux
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Ma très chère mère,


Drasmal-lettre-01.jpgIl s’est passé quelques semaines depuis ma précédente missive ; mais ne vous inquiétez point, tout va pour le mieux – je n’ajouterai point cependant cette chute convenue qui m’a toujours horripilée: "dans le meilleur des mondes"… C’est que je ne suis point une optimiste, pas davantage d’ailleurs qu’une pessimiste… Les premier voient le meilleur partout et les seconds le pire… J’ai, de par moi, juste (et saine) ambition, chère maman, de voir le réel tel qu’il est : on dit de ces personnes qu’elles ont une vision tragique de l'existence : j’en prends acte et cela me va fort bien.
Enfin, comme tu le constate, de l’eau a coulée sous les ponts, mais comme le dit l’adage – ou a peu de choses près - je ne me baigne jamais deux fois dans la même eau ; ce qui ne m’empêche point de déplorer n’avoir toujours point de vos nouvelles… Je sais que cela ne puis être de votre fait et que la cause doit en être attribuée à un affreux naufrage ou tout autre facétie du destin... Bref je me morfonds loin de vous et de notre lac cotonneux.


Il m’en souvient vous avoir promis vous brosser le portrait du 
premier humain croisée à Calar… Et bien l’intérêt de la chose m’est passé… Il n’y a rien de fait à en dire car ne l’ai point recroisée depuis lors – ou si peu… Sachez juste que j’ai eu ouie dire qu’il s’était engagé dans une sorte de compagnie de mercenaires mineurs ; qu’il est plutôt vieux pour son espèce, prompt à vouloir ferrailler avec les gens locaux pour de stupides motifs : Inutile donc de s’appesantir sur un individu promis à une mort prochaine…

Plus passionnant est de vous révéler ici de qui je tiens l’information de la constitution de cette « compagnie des neufs lames », nom drôlesque s’il en est, tu en conviendra chère mère pour des porteur des pioches… Il s’agit d’un semi-orc, éduqué comme peu d’humains le sont… Il vénère Tyr et vient d’Eauprofonde… Parents adoptifs… Je tacherai de t’en dire davantage si l’occasion s’en présente, et si, évidemment l’envie m’en prend…
Pour ce qui est de la constitution de cette compagnie de piocheurs, cela s’explique de part le fait que l’autre village de la contrée, étrangement nommé « Mont noir » (puisque la montagne n’est point couleur ébène -il doit y avoir un sens secret ici que je me ferai fort de découvrir) tire ses ressources essentiellement des entrailles de la terre ; de fait on croise ici moult nains - mais ce ne sont pas eux qui paraissent diriger les manœuvres, je me renseignerai mère à ce sujet…
Mont noir, donc, perché sur une montagne : un forgeron, un temple, quelques échoppe faméliques et te voilà sommairement brossé l’endroit… Si tu savais comme je regrette ne point avoir emportée davantage de toilettes !... Je sais me diras-tu qu’il y a l’utile et l’accessoire, mais dans ma condition, je t’assure chère maman que je fais peine à voir dans l’austère et pouilleuse armure de cuir qui est mienne…

Passant du coq à l’âne, ou du Gobelin au Kobold, je dois aussi te dire que la faune ici est des plus hétéroclites… On raconte qu’il en est ainsi des nouvelles contrées d’ou transpirent légions de mystères… Or le véritable mystère est, de fait, tous ces gens : Sans être exhaustive, loin de là chère mère, et juste pour te dresser un tableau en forme d’esquisse, je puis sans mentir te dire avoir croisée : un Halfelin conteur, un semi-orc donc fort cultivé, un nain qui s’était pris idée de m’appeler « poulette », des humains donc : des vieux aux jeunes en passant par une ancienne bonne, spécialiste émérite du Sanglier grillé, une druidesse, un rêveur, des nigauds et des brutes vulgaires, et aussi, tient toi bien : un jeune frère sylvestre qui ne connaît point la langue Sylvaine et un autre frère Doré qui lui a eu la cuisse bien entaillée, par un Gobelin, à peine arrivé.

Pénurie de parchemin, hélas…
Et espérant chère mère que cette prose vous trouve en bonne santé.


Votre fille, Laakën…

Ps : je trouve l’un mes frères de sang fort joli… Mais ne nous en laissant point conter par figure bien faite…
 
par Axel Evigiran publié dans : Missives de Laakën à sa mère
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Mardi 3 juillet 2007

Terres de drasmal, Calar, 19 Eleinte de l'an 1372 du calendrier de Vaux
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Ma très chère Tàri,
 
Comme vous le voyez douce mère, je fais tout ce qu’il convient pour vous plaire en vous appelant par votre prénom. C’est que je me languis si loin des notre… Et c’est crève-cœur que de guetter à m’en abîmer les prunelles les voiles sur l’horizon, espérant recevoir de vos nouvelles. Avez-vous reçu mes missives ? Les trouvez-vous comme il faut ? Que voulez-vous que je vous conte de ce monde ci ? Vous vous portez bien ? Et que fait notre bon ami ? Toujours à courir la lande ?... Je m’imagine à vos coté, respirant votre parfum si réconfortant… Ah je me demande ce qu’il m’a pris de vous écouter et me laisser bercer de vos songeries délicieuses.
 

Drasmal-lettre-02-copie-1.jpg

Je tue le temps comme je le puis… Moi qui rêvais de mystères terribles, de secrets irracontables et d’épopées indicibles, me voici réduite à aller chasser le cerf pour glaner quelques piécettes… Mais je ne vais point me lamenter davantage très chère maman, car je suppose que c’est notre lot à tous que de se griser de l’insondable nouveauté, avant de voir enfin la réalité dans toute l’étendue de sa trivialité ; c’est juste que c’est une expérience inaccoutumée pour moi, c’est sans doute ce qui contribue à forger un caractère.
 
Comme je vous l’avais narré dans ma précédente missive, je n’ai pour l’heure point rencontrée ni frères ni sœurs de sang. Les gens ici ne sont point surpris cependant que de croiser damoiselle aux oreilles pointues à iris jaune, et ce n’est point plus mal que de se fondre dans le paysage sans être soumis à quolibets ou méfiance rédhibitoire. Je vois deux causes à ce phénomène : d’une part les autochtones, courbés par le labeur et la rudesse de l’existence ici n’ont point loisir à batifoler plus loin que leur subsistance, et si l’on se montre à leur encontre discret, sans agressivité, et bien nous leur restons transparents, à mille lieux de leur préoccupations quotidiennes. D’autre part il y a les aventuriers… Ils sont assez nombreux ici, attirés sans doute par des espérances de gloire et de fortune, et, de fait, cette engeance, habituée aux voyages a souvent connaissance déjà de moult races et peuplades de Toril. Obnubilés qu’ils sont par leur désir de pillage et de rapines ils ne que peu enclins à d’autres discussion que préparations d’expéditions, ce qui au demeurant est plutôt palpitant et change de l’ordinaire ; et joindre parfois l’un de ces groupes c’est un moyen pour moi de voyager et cartographier la contrée à moindre risque et récolter de l’information… Le tout est de choisir d’honnêtes personnes, ou pour le moins, les moins malhonnêtes. Cette catégorie de baroudeurs est appelée à croître, chaque navire amenant sa cargaison de ferraille et d’épées… Cela n’ira point sans quelques difficultés ni tensions avec la population locale, qui se trouve cependant, comme attendu, assez divisée à ce sujet… Il y a tout d’abord ceux qui y voient un intérêt plus que certains : ce sont les aubergistes, les commerçants, les vendeurs à la sauvette, les chapardeurs et les mendiants de tous poils, toujours prêts à chanter les louanges de l’aventure, et ceci sans n’avoir jamais bougé le cul de leur basse cour… Qu’importe du moment que cela emplit la bourse ! C’est là le pouvoir du goût du lucre. Ensuite, il y a ceux qui voient dans ces vagues de hâbleurs et de braillards une calamité, risquant à chaque instant de faire basculer la contrée dans le feu et le sang, et pour qui, chaque raid de Gobelin est consécutive à l’exaction d’aventuriers dégénérés, et la preuve donc du bien fondé de leur jugement : ce n’est ni tout à fait faux, ni tout à fait vrai, comme toujours, mais il est bien connu que chacun, pour justifier son idéologie et ses valeurs, ne sélectionne et n’arrange que les faits qui lui permettent d’éviter tout ébranlement de son esprit… Il se trouve enfin des gens qui, tout simplement, aimeraient plutôt rester entre eux, tranquilles, sans n’avoir à redouter le moindre changement, que celui soit objectivement bénéfique ou pas, là n’est pas la question : l’ennemi c’est le changement ! Voilà, grossièrement peint, pour la population… Reste que je ne puis, chère mère, vous parler du sentiment à ce propos des autorités de la région car je ne me suis point encore renseignée à ce sujet : grave manquement de ma part me direz-vous !... Je plaide humblement pour votre indulgence aimante, tant il est vrai que je n’ai point encore entièrement digérée mon long périple pour accoster ici, et qu’il est par ailleurs si difficile pour moi de m’acclimater en cette île pleine de caillasse… 
 
Je m’aperçois présentement que je devais vous décrire, avais-je promis dans ma précédente missive, le premier humain croisée à Calar, mais je me rends compte que je fus trop optimiste, et que la feuille arrive à son terme… Vous avez déjà son nom, ce n’est pas si mal… J’ajouterai juste ici, faute d’espace, qu’il se dit Tempusien… Mais j’y reviendrai…
 
Ecrivez-moi vite Chère mère, et que les vents vous guident…
Votre fille dévouée.
 
Laakën
par Axel Evigiran publié dans : Missives de Laakën à sa mère
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Mardi 3 juillet 2007

Terres de drasmal, Calar, 13 Eleinte de l'an 1372 du calendrier de Vaux
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Ma très chère mère,
 
Drasmal-lettre-03-copie-1.jpgBien que la contrée soit fort rude, comme vous le voyez, je suis parvenue à rassembler assez de pièces nous me sustenter et pouvoir enfin vous écrire… Notez qu’il ne s’est passé que quelques jours depuis ma première missive, comme quoi, s’il est encore nécessaire de le préciser, votre fille est assez débrouillarde pour subvenir à l’essentiel, et cela dans un milieu hostile, ou si vous trouvez le mot un peu fort, dans un endroit ou, pour le moins, les elfes se comptent sur les doigts d’un manchot.
 
Présentement je me trouve sur un promontoire de granit qui surplombe l’océan à l’orée d’un village dénommé Calar. Le soleil est essoufflé, décroche des cieux et se fait rasant ; bientôt, inéluctablement il sera dévoré par les flots d’encre. Les nuages sont épars, et les oiseaux marins qui tourbillonnent dans l’immensité sont comme ces grains de lumières qui passent, en raies obliques, au travers des volets mi clos. Le vent est suffisamment vigoureux pour que je doive m’assurer de maintenir mon parchemin avec un gros galet, et les tâches que vous voyez ici et là ne sont que les caprices et les soubresauts des éléments : mais il est si bon d’écrire dehors… La végétation enfin est rase et les arbres ne sont que des îlots égarés dans l’infini d’un monde austère.
 
J’en arrête là ce descriptif de mes humeurs, car c’est décidé, je vais tacher d’éviter de me fourvoyer dans les méandres de mes pensées et aller à l’essentiel pour une fois. Je pense cependant, chère maman, qu’il n’était point inutile de vous planter le décor, ceci afin de mettre votre cœur dans les dispositions idoines.
 
Drasmal-lettre-04-copie-1.jpgDonc, Calar : Hameau qui ne compte que quelques âmes, et se trouve sur la voûte d’une falaise abrupte, tant rongée par les flots qu’elle en donne un sable plus noir que le noir de nos cauchemars. La population locale est faite d’humains pour ce que j’en ai goûtée, si ce n’est ce gros semi-orc, qui si ma mémoire n’est point défaillante, répond sans surprise au nom de Vodash ou quelque chose d’approchant. Ce dernier ne se sépare jamais de sa hache, objet à la taille du monstre, capable de fendre un nain en deux. Mais je vous rassure mère, il n’est point agressif ou désagréable envers les paisibles voyageurs qui viennent savourer la langueur des landes arides. Il maîtrise des rudiments de communs et il a pour objet manifeste que de garder les palissades de cet endroit (mission dont il s’acquitte avec grande dévotion) dont on aurait point idée de prime abord de mettre à sac, tant l’indigence transpire… Simplement il est avéré – et l’histoire en témoigne – que l’on trouve toujours plus démuni, ou encore plus désoeuvré voire plus stupide que soi. De fait il est à constater qu’il faut bien se prémunir des raids de Gobelins, dont la contrée en est infestée… D’ailleurs l’un des moyens favoris d’apporter son écot est ici de s’en aller patauger dans les marais, avec l’espoir de réussir, sans se faire trop malmener, à subtiliser la coiffe de plus grand nombre possible de shamans peaux vertes. Très étrange occupation comme vous voyez, mais ces choses apparaissent très prisées pour des raisons qui me restent obscures… Une coutume locale, sans doute que j’ai jugée utile de vous rapporter ici.
 
Calar toujours et pour résumer : Une auberge, un bûcheron une poignée de paysan aux masures branlantes et voici peint la faune endémique… 
En contre bas de la falaise un embarcadère quelques navires accostés dans les jours fastes… Des senteurs de poisson rance, mêlées aux chargements d’épices, de fruits ou je ne sais quelle autre denrée ou marchandise… Bref, vous l’avez deviné mère, il est heureux que le vent du large vienne tout emporter cette pestilence…

Drasmal-lettre-05.jpg

 
Chemin faisant, je me trouve contrite au constat amère que j’en arrive à l’extrême bout de ce parchemin, sans n’avoir pu vous en dire davantage.
 
C’est par force des choses donc, que je vous parlerais du premier humain croisé à Calar lors de ma prochaine missive, et ne vous livre ici, juste pour soutenir l’intérêt à ma prose, que son nom : Phael.
 
Portez vous bien chère mère, et soyez rassurée, votre fille conserve la tête sur les épaules et s’acclimate comme elle peut à la contrée que vous lui avez désignée.
 
Embrassez notre bon ami, ou davantage s’il vous en prend l’envie…
Que les vents vous protègent.
 
Laakën
par Axel Evigiran publié dans : Missives de Laakën à sa mère
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Lundi 2 juillet 2007

Terres de drasmal, Calar, 6 Eleinte de l'an 1372 du calendrier de Vaux
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Très chère muse, initiatrice, et accessoirement responsable de mes jours, 


Drasmal-lettre-00.jpgVoici, couché sur un parchemin de qualité fort douteuse, je le concède, la prose chaotique mais docile de votre fille aimée.

De la docilité il m’en a bien fallut pour ne point songer moult fois à rebrousser chemin, juste pour retrouver la joie languide à contempler nuitamment la surface laiteuse du lac que vous savez. Mais il est vrai, et je sais que vous le savez aussi - mon tempérament n’ayant plus la moindre alcôve qui vous demeure inconnue - que plus que de docilité je devrai user du vocable de fierté.

Je me persuade très chère mère que vous vous languissez d’apprendre que je suis parvenue enfin à poser pieds sur ces terra incognita du bout du monde ou vous avez eu la gentillesse de m’envoyer – je devrai biffer et noter plutôt cailloux pelé, mais j’y reviendrai.

Je me permet ici d’insister, car vous avez bien lu : Il s’agit de ma première missive rédigée depuis ce pays de Drasmal, cette terre qui ne formait sur votre carte qu’une croix tracé à l’encre céruléenne et parfumée de votre plume délicate.

D’ailleurs, permettez cette digression qui me vient à l’esprit et me trouble subitement : je vous écris sans véritablement savoir si mes déliés seront parcourus par vos prunelles aimantes et protectrices. Et oui, comment ne point craindre que mes mots ne se perdent dans l’océan insondable ? Que des pirates, des sicaires ou des routiers n’interceptent cette prose destinée qu’à vous ? Ces choses font parties de l’ordre naturel des choses, mais restons dans cette hypothèse optimiste : Les vents nous protègent et c’est là l’essentiel.

Pour reprendre le fil de mon histoire, je vous passe les moult péripéties de ce très long voyage, car vous en avez déjà eu le goût lors des lettres abandonnées lors de mes précédentes escales. Sachez juste que cette dernière bordée fut fort longue, monotone et périlleuse toute à la fois. La monotonie est propice, me direz-vous, à la langueur, et cette dernière favorable elle même à la poésie. Certes, si fait, à considérer que se vider de ses entrailles sur le pont chahuté par la houle puisse permettre des envolées lyriques - dans les instants de rémission cela va de soi… J’ai glissée aussi le mot périlleux : en effet, je préfère vous en avertir derechef, si d’aventure vous prenait l’idée saugrenue de venir embrasser votre fille : le risque naufrage est fort grand, et plus d’une fois une lame traîtresse, portée par l’abîme liquide, à faillit nous jeter sur des récits plus aiguisés que le tranchant d’un cimeterre. (Notez au passage, mère, mon soucis de vous plaire, usant dans une même phrase des mots : Lame, aiguisé et tranchant… J’espère que l’effet de redondance, comme vous me l’avez enseigné, ira dans le sens de la dramatisation voulue par les circonstances).

Me relisant sur l’instant, comme vous me l’avez toujours recommandé, je me rend compte avec un effroi non dissimulé, n’avoir rien contée encore sur cette île et les rencontres que j’y ai faite.. Je crains hélas, très chère mère, n’ayant plus de quoi pour l’heure acheter un nouveau parchemin, (sauf à donner de ma personne, ce que vous n’approuverez point, et vous conviendrez que c’est peu de prix à donner à la vertu) que vous n’en saurez point davantage ce soir. Loin de moi l'idée de ménager un quelconque suspense - quoi que vous m’en ayez appris l’art et la manière - Pour vous en convaincre il suffit de voir comme mes syllabes se rétrécissent à l’approche du bas de la feuille…

Tout ce que je puis livrer, c’est que je vous parlerai dans ma prochaine missive du paysage, du climat et du premier humain que j’ai croisée sur cette plage de sable noir, à l’ombre d’une affreuse falaise.

Je vous rassure, ces péripéties n’ont point entamées mon humeur joyeuse. Je n’oublie pas les mots très justes de ce sage dont l’ouvrage ne me quitte jamais : « Je ne peins point l’être, je peins le mouvement ».

Raillerie et légèreté d’une philosophie en mouvement donc...

Conservez, très chère mère, précieusement ces correspondances épistolaires qui serviront à n’en point douter pour la postérité.

Embrassez aussi notre bon ami de ma part. Je ne doute point un instant que vous le ferez.

Votre dévouée fille, portée par le vent.

Laakën

par Axel Evigiran publié dans : Missives de Laakën à sa mère
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