Liminaire...

Bonjour,

Initialement les aventures relatées sur ce Blog furent celles  d'un personnage virtuel, une elfe prénommée Laakën, alors qu’elle sévissait sur un
monde persistant du jeu "Neverwinter nignt 2", une île dénommée , Drasmal située en Terra Icognita , tout au sud de Toril, bien au-delà de Faérune, dans l’univers des Royaumes Oubliés .

Ayant mis en pose ce personnage quelques mois, et migré sur un autre module j’avais conté les aventures, sous forme d'un journal, d'une jeune humaine, Yoen Al Zurawah, pretresse d'Umberlee. 

Laakën est désormais de retour sur ce cailloux pelé de Drasmal. Cinq années se sont écoulées.  Elle a repris ses correspondances epistolaires avec cette Mère fantomatique. Réalité ou chimère ? Qui peut dire !

 

 

Au delà de faire partager la vie de mes personnages, j’ai pensé utile et ludique d'ouvrir ce Blog à d’autres sujets, liés à l'univers de donjons et dragons, tels des liens vers des aides et des outils divers pour les joueurs, la mise à disposition de maps NWN1, des images, des rubriques plus humoristiques, des contributions plus artistiques aussi.

En espérant que cela soit utile et agréable à consulter.
Que vous soyez passionné de jeux de rôles en ligne ou sur table, amateur de prose nimbée de fantastique, rêveur éphémère, ou simple curieux, soyez les bienvenus sur ces terres du bout du monde.


Que les vents vous portent là ou vos songes tourbillonnent ...
  

Textelfique.jpg   

Mardi 29 avril 2008

Terres de Drasmal, Calar, 03 Noctur, festin de la Lune de l'an 1377 du calendrier de Vaux
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Chère Mère,

Me voici à présent associée à des humains, dans une compagnie qui s’appelle « les Lames » ou quelque chose y ressemblant. Tu as bien lu douce mère. Inutile de relire ou de me sermonner ! A tes heures perdues tu as eu l’heur de pouvoir façonner une fille selon ton caractère. Point de Mal–heur ni de Bon–heur* donc. Juste la conséquence de ton éducation joyeuse – je pourrai même oser le vocable de débridé, voire d’amoral entendu comme il se doit dans le sens de libertaire. Bref je suis joueuse, insouciante et grave tout à la fois, inconséquente, piquante ou atone. Selon. Et si tu as voulu mettre dans mon nom un peu de sagesse, je sais bien que ce n’était que pour tempérer tes humeurs fantasques.  Ainsi sont les choses et n’y a pas à y revenir. Sans doute est-ce par désœuvrement que je me suis laissée prendre dans les mailles de cette association de prime abord incongrue, mais vois-tu la solitude ne m’étais plus tenable. Je n’ai trouvée, dans l’urgence, que cela pour me sortir de l’ornière. Et puis, à y regarder de plus près, les valeurs défendues par cette compagnie ne sont pas si antinomiques aux miennes. Camaraderie, esprit d’entraide, défense du bien, lutte contre les organisations maléfiques, telle le « Culte du Dragon » ou les « Mages Rouges », n’est-ce point là des préceptes qui vous agréent ? Certes je leur ai sans doute un peu extorqué lesdites valeurs, et sans doute que je force un peu le trait, car de fait nous n’avons point palabré sur ce qu’il convenait de classifier dans les organisations néfastes – je dois concéder même que le sujet n’a pas été frontalement abordé. Il n’empêche ! Sois fière Mère, car voici ta fille promue responsable de la diplomatie des fameuses « Lames de Drasmal» à la place d’un Mor indisposé  depuis un certain temps – pas un mort. Par ailleurs le tranchant de l’épée symboliquement me fait songer a mon Zamr¤. J’y ai vu là un signe supplémentaire pour me lancer dans cette affaire et je ne désespère pas d’associer au fer la poésie qui manque si cruellement en ces terres ; et à la force brute ou retorse ce supplément d’âme qui conduits aux actions justes.  

A ce stade de mon propos, Mère je me doute bien que tu brûle d’impatience de savoir qui sont donc les fiers aventuriers qui s’enorgueillissent du titre de « Lames de Drasmal ». Pour donner dans le lapidaire : Ils en sont rendus à ce jour à la portion congrue. Deux individus. Cled et Pers. Les autres ne sont pour moi que des noms, d’hypothétiques ombres sans consistance tangible. Ce qu’il convient de savoir c’est que cette guilde est l’émanation de celle que j’ai connu jadis ici même, et qui se trouvait sous férule d’un dénommé Phael dont j’ai déjà dû te brosser les traits. Je ne me souviens plus si je te l’ai dit mais Cled est son fils, un fils qui tient en fort piètre estime son géniteur, ce qui démontre un certain bon sens - bien qu’il me soit avis qu’ils se ressemblent par moult aspects. Mais ça fort évidemment je le conserve par devers moi. Pers quant-à lui, que j’avais gratifiée du sobriquet d’Ours dans une précédente correspondance, il a la langue plus déliée que par le passé, et se laisse parfois aller à la confidence. C’est au final une personne pragmatique ayant une influence salutaire sur son compagnon d’arme. L’un comme l’autre, ils ont faiblesses et défauts inhérents à leur race, mais ils ont cette manière droite et sans détour de dire – et faire - les choses qui en font des personnes fréquentables. En d’autres termes, pour être tout à fait juste, je me dois de te concéder, Mère, que j’aime plutôt bien ces deux humains.  

 

Il ne me reste hélas que fort peu de place pour te dire que nous avons menés à bien sans trop d’encombres notre première mission -  qui consistait à mener Dame Iria, à Calar.

Je ne manquerai point chère Mère de te conter mes prochaines aventures.

Ta fille Laaken.

 
*Avoir l'heur de signifie « avoir la chance de », « avoir le bonheur de », « avoir le plaisir de ».

En ancien français, il s'est écrit sous les formes oür, aür, eür, puis, à partir du XVe siècle, on l'a écrit heur, sous l'influence du mot heure (dérivé du latin hora, mot désignant une unité de temps). Il signifiait alors « chance » (bonne ou mauvaise) et on précisait au besoin la nature de cette chance : bon heur, mal heur. De là viennent nos mots bonheur et malheur. Des expressions homophones existaient également avec le mot heure (bonne heure, male heure), ce qui peut avoir contribué à la confusion entre heur et heure.

Source : http://www.druide.com/points_de_langue_25.html


** Instruments traditionnels reposant sur le principe de l'anche (petite languette taillée généralement dans le roseau qui est mise en vibration par le souffle).

 

par Axel Evigiran publié dans : Missives de Laakën à sa mère
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Mardi 29 avril 2008

Une excellente nouvelle pour les joueurs NWN1 et une initiative à saluer : Une équipe composée d’anciens joueurs d’Uméria ((Delius, Elthair, Karni, Lili, Serenera, Yssnelf) a décidé de redonner vie à ce merveilleux module.

Cela se passe dans les Royaumes Oubliés, au delà des brumes. Une Terra Incognita d’ou suinte les effluves de mystères irracontables. Aventuriers au long-court, que vous soyez animés par des espérances de richesse, de gloire, que vous soyez motivé par l’attrait de l’inconnu, le goût du merveilleux, ou que vous soyez poussé par d’inavouables mobiles, le débarcadère vous attend…

 

Pour vous tenir informé de l’avancement du projet et toutes informations utiles rendez-vous sur leur forum en cliquant sur l'image : 

par Axel Evigiran publié dans : HRP
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Vendredi 25 avril 2008
[Pas de date. Ecriture chaotique]

Mère,

Mon exaltation est retombée.
L'elfe charrié par la mer pourrit au fond d'une fosse et je ne saurai jamais d'où il venait, ce qu'il était, ni comment il a succombé. Bouche cousue à jamais, il a emporté ses mystères dans la terre morne de ce vaste galet du Sud.
La nuit est là. Tenace. D'un noir plus noir que le noir. Elle essore son manteau sur mon coeur et s'engraine, impalpable, sur les sentiers que j'ai usés à force de les chercher. Las mes espérances sont restées vaines. Point de frères ni de sœurs. Mère, tu m'as arrachée de nos terres pour me condamner à la solitude !

Les humains s'affairent et bourdonnent. Le goût du lucre et la fascination pour le tranchant d'une lame sont les valeurs qu'il convient de cultiver ici... La gloire, la belle affaire ! Point de délicatesse ni de poésie. Ma langue natale se dessèche, inutile au fond de mon palais. Ici, point de devenir, sauf à fixer l'abîme. S'y livrer bras ouverts, et être, pour une poignée de secondes, pareille à l'albatros.
Mère, je me prends parfois d'imaginer que je ne vis qu'un mauvais rêve ; que je vais m'éveiller, là auprès de vous sur les berges de notre lac ; et que je me réchauffe au soleil timoré filtrant au travers la brume qui s'étire indolente à l'aurore.

Mère, tu m'as envoyée au bout du monde pour m'y perdre.
J'ai cru que tu poursuivais quelques buts secrets ; que les desseins D'Aerdrie agitaient les feuilles sous mes pas. La réalité, dans sa crudité est bien en deçà de ces fantasmagories de jeune femme.

Mon âme comme un champ de ruines.
Ta fille.

Laakën.

par Axel Evigiran publié dans : Missives de Laakën à sa mère
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Lundi 21 avril 2008

Terres de Drasmal, Calar, 23 Uctar de l'an 1377 du calendrier de Vaux

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 Mère,



J’ai fait le rêve étrange d’une brume tenace qui me serrait le cœur. Du ciel coulait l’acide et la lune ne m’apportait aucun réconfort. Il faisait si froid !..

Des ténèbres blanches m’enveloppaient et me coupaient du monde, pénétrant les tréfonds les plus reculés de mon âme.  Egarée dans ce linceul je marchais à tâtons. Le vent filtrait au  travers de mes vêtements, me glaçant jusqu’à l’os. Ma voix se perdait dans l’infini avec pour seul écho qu’une détresse abyssale. Puis, soudain il y eut ce mur ! Ces visages figés, saisis dans l’effroi. Ces corps tordus aux yeux exorbités ! Ils me regardaient ; ils m’appelaient et moi je me débattais, agitant les mains dans le vide et hurlant ma ferveur à Aerdrie, l’implorant de m’emporter dans les airs ! Mais le silence me répondait ; un bourdonnement affreux qui me déchirait les tympans. Et le mur avançait. Et les suppliciés tendaient vers moi leurs bras de pierre aux ongles rongés par la vermine. Ils voulaient m’étreindre, ils voulaient m’éteindre. Tout vacillait, tout se fissurait ; mon être se disloquait ! Je voulus les nier, fermer les yeux, mais je m’aperçu avec horreur qu’ils avaient mangé la couleur de mes prunelles ; que mes orbites étaient vides. Je me mis alors à hurler mais aucun son ne sortit. C’était trop tard, ils s’étaient immiscés partout dans mon crâne, y déversant des flots de larmes et de fiel !... Ils m’investissaient, ils me souillaient. Et plus ils me rongeaient plus je me sentais que mon esprit s’estompait… Il n’y avait plus rien à faire. Alors, vaincue je me suis laissée tomber dans l’abime…

  Lorsque j’ai ouvert les yeux j’étais allongée sur une paillasse de la chapelle de Mont Noir. Le guérisseur était penché sur moi. Un peu derrière il y avait Durak, le Sieur du Cormyr et un autre qui se fait nommer l’anguille. Tout me revint alors… La crypte de Blockolm, les morts-vivants qui nous cernaient, leurs faces hideuses, leurs haleines spectrales, ce cliquetis d’os et cette avidité effroyable… La douleur. Puis le néant !

Ces aventuriers ne m’ont point abandonnés alors que c’eût été légitime dans de telles circonstances. Ils n’avaient de compte à ne rendre à personne et ils se sont embarrassés du fardeau de ce corps inerte aux oreilles pointues. Peut être les ai-je mal jugé. Je ne sais plus quoi penser. Je leur dois la vie…

Mère je n’ai pas le courage d’aller plus avant. Les mots s’embrouillent et la plume me tombe des mains.

Je t’embrasse.

Ta fille Laakën

 

par Axel Evigiran publié dans : Missives de Laakën à sa mère
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Vendredi 18 avril 2008

 

 

   Terres de Drasmal, Calar, 16 Uctar de l'an 1377 du calendrier de Vaux
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Mère,

Je passe outre les formulations de courtoisie, les marques d'affections et de respect, les enluminures stylistiques ; j'en suis incapable dans l'état d'excitation ou je me trouve !


Peu être penseras-tu là qu'il s'agit d'un manque de sagesse ou de tempérance de ma part, et, lorsque tu sauras de quoi il en retourne, que ma frénésie présente est de nature morbide. Je t'en laisse juger mère.

Les faits : Un elfe a été trouvé mort sur la plage, estropié. Las lorsque j'ai voulu aller m'enquérir de l'affaire et demandé à voir le corps ce fat de Traben, le capitaine de Calar, m'a tendu une pelle en ricanant. Cependant j'ai appris plusieurs choses : L'elfe avait des traces d'écorces sur les mains et de la terre sous les ongles. Il  a donc dû être charrié par une rivière vers la mer, ou a été précipité du haut d'une falaise. Le doute pour moi est de savoir si c'est son assassin qui s'en est débarrassé de cette manière ou si c'est l'elfe agonisant, qui voulant échapper à ses poursuivants a ainsi trépassé ; je ne puis compter sur Traben pour me le révéler car visiblement il n'a rien à faire des elfes et dans son esprit l'enquête est déjà bouclée. Pour te donner idée, Mère, de l'ambiance dans laquelle je baigne, sache que cet humain nous méprise au point d'oser nous traiter de macaque ! Cet esprit fangeux ne m'inspire qu'un légitime dégoût qui ne mérite que mon dédain. Mais je sais qu'il me faudra mettre de l'eau dans mon nectar car ce triste individu est incontournable. C'est ici que je retiens ta très utile leçon chère Mère, et je le prends comme un obstacle à surmonter. Les mâles ont leurs points faibles, tu me l'a moult fois démontré.

 


Il y a autre chose à savoir : cet elfe avait tatoué sur le torse une licorne. Le même symbole que sur un parchemin dissimulé dans sa ceinture et que je conserve précieusement. C'est étrange car pour moi la licorne est la représentation de Lurue, divinité du panthéon humain. Pourquoi donc un elfe aurait tatoué sur le torse la marque d'une dévotion envers la reine des forêts, Mailikki, ou sa monture ? A moins qu'il ne s'agisse d'une symbolique relative à l'appartenance à une quelconque organisation secrète que je ne connais point. Las ici c'est plutôt rustre et pour se documenter je ne puis compter sur aucune bibliothèque et les érudits ne courent point les sentiers. Pourtant tout semble lié. Mais j'ai là sous les yeux comme un puzzle dont les pièces ne s'emboitent pas et d'autres sont perdues : le sac d'un elfe trouvé dans l'auberge de Mont noir. Les ombres. Ce cadavre à la licorne. Guldar. La clé. La femme d'ombre. L'idée qu'il y a peu être une communauté elfique sur Drasmal me transporte d'allégresse, mais pourquoi diantre ne se montrent-ils pas ? J'ai moult question Mère, mais point de réponse. Il me faut persévérer.


Voici Tàri, ce qui me brulait de te conter. Mais avant de plier le parchemin et t'adresser ma missive je veux juste te peindre très brièvement quelques aventuriers qu'il m'est fatal de côtoyer, car tu risque de les retrouver au long de ces aventures :


* Cled, dit le poissard. Un grand échalas qui ne cesse de geindre. Il est plutôt lâche mais pragmatique. Il n'a de cesse que de me piquer de mots aigres. Quitter l'île apparaît être son objectif premier, mais il se comporte comme s'il voulait s'établir ici. Il porte usuellement un heaume ridicule surmonté de cornes et d'une petite huppe qui lui donne l'air d'un barbare efféminé.


* Pers, l'ours. Un taciturne, un costaud qui lorsqu'il émet plus de trois grognements dans l'heure signifie ainsi qu'il est d'humeur joyeuse. Je n'ai rien à en dire de plus pour le moment sauf qu'il est borgne.


* Malik, le séducteur. Un homme plutôt bien fait de sa personne, affable mais trop flatteur pour ne pas se rendre compte qu'abuse de ses capacités rhétoriques ainsi que des charmes dont il pense être doté pour vous tirer les vers du nez. Il est cependant agréable de converser avec lui, et je sais qu'il est d'origine barbare, une contrée très au Nord et que c'est l'ennui tout autant que le goût de l'aventure qui l'ont conduits à quitter les siens.


* Mara : Sautillante petite damoiselle. Elle fait partie de la compagnie du type du Cormyr, celui qui répond au nom de Jerdanis. Je t'ai déjà parlée Mère de ces deux là. Mara je l'aime bien. L'autre je m'en méfie.


* Durak, dit le libidineux. Pour lui aussi, Mère, je te l'ai déjà portraituré.

 

 

Le parchemin me manque pour poursuivre et ma flamme s'épuise.

Je t'embrasse avec toute la tendresse dont une fille est capable envers sa Mère.


Laaken.
 

par Axel Evigiran publié dans : Missives de Laakën à sa mère
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