Vendredi 18 avril 2008

 

 

   Terres de Drasmal, Calar, 16 Uctar de l'an 1377 du calendrier de Vaux
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Mère,

Je passe outre les formulations de courtoisie, les marques d'affections et de respect, les enluminures stylistiques ; j'en suis incapable dans l'état d'excitation ou je me trouve !


Peu être penseras-tu là qu'il s'agit d'un manque de sagesse ou de tempérance de ma part, et, lorsque tu sauras de quoi il en retourne, que ma frénésie présente est de nature morbide. Je t'en laisse juger mère.

Les faits : Un elfe a été trouvé mort sur la plage, estropié. Las lorsque j'ai voulu aller m'enquérir de l'affaire et demandé à voir le corps ce fat de Traben, le capitaine de Calar, m'a tendu une pelle en ricanant. Cependant j'ai appris plusieurs choses : L'elfe avait des traces d'écorces sur les mains et de la terre sous les ongles. Il  a donc dû être charrié par une rivière vers la mer, ou a été précipité du haut d'une falaise. Le doute pour moi est de savoir si c'est son assassin qui s'en est débarrassé de cette manière ou si c'est l'elfe agonisant, qui voulant échapper à ses poursuivants a ainsi trépassé ; je ne puis compter sur Traben pour me le révéler car visiblement il n'a rien à faire des elfes et dans son esprit l'enquête est déjà bouclée. Pour te donner idée, Mère, de l'ambiance dans laquelle je baigne, sache que cet humain nous méprise au point d'oser nous traiter de macaque ! Cet esprit fangeux ne m'inspire qu'un légitime dégoût qui ne mérite que mon dédain. Mais je sais qu'il me faudra mettre de l'eau dans mon nectar car ce triste individu est incontournable. C'est ici que je retiens ta très utile leçon chère Mère, et je le prends comme un obstacle à surmonter. Les mâles ont leurs points faibles, tu me l'a moult fois démontré.

 


Il y a autre chose à savoir : cet elfe avait tatoué sur le torse une licorne. Le même symbole que sur un parchemin dissimulé dans sa ceinture et que je conserve précieusement. C'est étrange car pour moi la licorne est la représentation de Lurue, divinité du panthéon humain. Pourquoi donc un elfe aurait tatoué sur le torse la marque d'une dévotion envers la reine des forêts, Mailikki, ou sa monture ? A moins qu'il ne s'agisse d'une symbolique relative à l'appartenance à une quelconque organisation secrète que je ne connais point. Las ici c'est plutôt rustre et pour se documenter je ne puis compter sur aucune bibliothèque et les érudits ne courent point les sentiers. Pourtant tout semble lié. Mais j'ai là sous les yeux comme un puzzle dont les pièces ne s'emboitent pas et d'autres sont perdues : le sac d'un elfe trouvé dans l'auberge de Mont noir. Les ombres. Ce cadavre à la licorne. Guldar. La clé. La femme d'ombre. L'idée qu'il y a peu être une communauté elfique sur Drasmal me transporte d'allégresse, mais pourquoi diantre ne se montrent-ils pas ? J'ai moult question Mère, mais point de réponse. Il me faut persévérer.


Voici Tàri, ce qui me brulait de te conter. Mais avant de plier le parchemin et t'adresser ma missive je veux juste te peindre très brièvement quelques aventuriers qu'il m'est fatal de côtoyer, car tu risque de les retrouver au long de ces aventures :


* Cled, dit le poissard. Un grand échalas qui ne cesse de geindre. Il est plutôt lâche mais pragmatique. Il n'a de cesse que de me piquer de mots aigres. Quitter l'île apparaît être son objectif premier, mais il se comporte comme s'il voulait s'établir ici. Il porte usuellement un heaume ridicule surmonté de cornes et d'une petite huppe qui lui donne l'air d'un barbare efféminé.


* Pers, l'ours. Un taciturne, un costaud qui lorsqu'il émet plus de trois grognements dans l'heure signifie ainsi qu'il est d'humeur joyeuse. Je n'ai rien à en dire de plus pour le moment sauf qu'il est borgne.


* Malik, le séducteur. Un homme plutôt bien fait de sa personne, affable mais trop flatteur pour ne pas se rendre compte qu'abuse de ses capacités rhétoriques ainsi que des charmes dont il pense être doté pour vous tirer les vers du nez. Il est cependant agréable de converser avec lui, et je sais qu'il est d'origine barbare, une contrée très au Nord et que c'est l'ennui tout autant que le goût de l'aventure qui l'ont conduits à quitter les siens.


* Mara : Sautillante petite damoiselle. Elle fait partie de la compagnie du type du Cormyr, celui qui répond au nom de Jerdanis. Je t'ai déjà parlée Mère de ces deux là. Mara je l'aime bien. L'autre je m'en méfie.


* Durak, dit le libidineux. Pour lui aussi, Mère, je te l'ai déjà portraituré.

 

 

Le parchemin me manque pour poursuivre et ma flamme s'épuise.

Je t'embrasse avec toute la tendresse dont une fille est capable envers sa Mère.


Laaken.
 

par Axel Evigiran publié dans : Missives de Laakën à sa mère
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